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146 - Christiane Jaquet-Berger

Le feu à la solidarité

 

Certains rêvent d’être célèbres. La notoriété, c’est un peu comme les cacahuètes, on ne peut plus s’arrêter une fois qu’on y a goûté. Or, les actes héroïques sont rares à débusquer et peuvent être risqués. Et on devient rarement célèbre pour des paroles.

Il faut des faits et des actions. Ce n’est pas nouveau. Ainsi, en 360 avant JC, un certain Erostrate rêvait de devenir illustre mais se rendait compte avec clairvoyance qu’il n’en avait ni le talent ni les compétences. Incapable de faire mieux, il décida de mettre le feu au temple d’Artémis à Ephèse, considéré comme l’une des sept merveilles du monde.L’édifice fut totalement anéanti.

Ce désastre permit au nom d’Erostrate de passer à la postérité. Une belle réussite en somme pour un ambitieux cynique. Or, aujourd’hui, en examinant les vaticinations des laboratoires d’idées - ceux qu’on appelle les think tank pour faire sérieux - ou certaines propositions parlementaires, on voit que les émules d’Erostrate sont légion : faute de savoir imaginer des projets innovants et pionniers, le minage des assurances sociales et le feu à la solidarité deviennent un but dont ils se targuent.

Octroi aux assureurs du pouvoir sur la santé, frein à l’endettement pour l’AVS, sabotage du système de répartition, démantèlement de l’AI, etc. La maison brûle.

Il y a 24 siècles, les Ephésiens furent si indignés de l’acte d’Erostrate qu’ils le condamnèrent et interdirent pendant six siècles que soit même prononcé son nom. Et nous aujourd’hui ?

Christiane Jaquet-Berger, Coprésidente  FARES