N° 18 160 - Le soliloque du Grincheux
N° 17 158 - Que sont les prestations complémentaires
N° 16 158 - Coût de la santé
N° 15 157 - Le soliloque du Grincheux
N° 14 155 - Le Soliloque du Grincheux
N° 13 153 - Les conducteurs âgés sous la loupe
N° 12 153 - Il manquait la plume !
N° 11 152 - Le soliloque du Grincheux
N° 10 152 - Grands-parents pour le climat
N°  9   151 - Le soliloque du Grincheux
N°  8   151 - L Etat tique
N°  7   150 - Le soliloque du Grincheux
N°  6   Les plus démunis
N°  5   149 - Le soliloque du Grincheux
N°  4   149 - Christiane Jaquet-Berger
N°  3   Assurance-maladie
N°  2   148 - Oui ou Non - Christiane Jaquet-Berger
N°  1   146 - Christiane Jaquet-Berger

148 - Oui ou Non - Christiane Jaquet-Berger

 

OUI ou NON ?

Trois petites lettres de rien du tout, trois petites lettres qui chantent ensemble comme l’expression de la volonté et de la dignité. Mais trois petites lettres N – O – N qui sont parfois difficiles à prononcer. Comme par exemple en réponse à l’importun qui, au téléphone, tient absolument à vendre sa crème miracle, la pilule qui requinque ou l’assurance qui, paraît-il, manque à la panoplie. Il y a aussi l’invitation barbante que l’on n’ose refuser. Ou encore le point de vue que l’on renonce à affirmer face à des antagonistes péremptoires. Nous connaissons tous ce genre de situation.

Cela porte en général peu à conséquence, sinon à laisser croire que son avis est sans importance, sinon à écorner furtivement l’estime de soi. Insidieusement, une passivité ponctuelle peut devenir routine. Et une lame non aiguisée finit par rouiller, disent les Chinois. Or, dire non ne signifie pas forcément vociférer. C’est se faire respecter, éveiller l’attention et non pas la colère. Des soignants dans les EMS ou à domicile admettent en privé la trop grande docilité de leurs patients. Brusqués, ils ne bronchent pas.

Ignorés, ils ne réagissent pas. Ils ravalent leur humiliation lorsqu’une soignante débordée répond qu’il est superflu de se rendre aux toilettes quand on est muni d’une protection. La maltraitance n’est pas loin. Aussi, une centaine de non fait moins mal qu’une poignée de oui réticents, silencieux, contraints. Alors heureux et libre celui ou celle qui ose dire non.

Christiane Jaquet-Berger