N° 25 172 - Rien qu'un prénom
N° 24 172 - Pas un dialogue de sourd
N° 23 172 - C'était le bon vieux temps
N° 22 171 - Reportage - On est complètement toqué
N° 21 171 - Reportage - Appart-Ages
N° 20 168 - Fil d'Ari(h)ane
N° 19 168 - Vice-présidente La Chaux-de-Fonds
N° 18 168 - Rédacteur du bulletin
N° 17 168 - Présidente du Val-de-Travers
N° 16 168 - Présidente de Neuchâtel
N° 15 168 - Président du Locle
N° 14 168 - Président cantonal
N° 13 168 - Parole aux jeunes
N° 12 168 - Page climat
N° 11 166 - Un homme du peuple
N° 10 165 Hiver - Suite d'une histoire au 10b
N°  9   165 Hiver - Hommage à Roland
N°  8   165 Hiver - Entretien avec
N°  7   162 - Reportage Noël 2017
N°  6   160 - Le soliloque du Grincheux
N°  5   158 - Que sont les prestations complémentaires
N°  4   158 - Coût de la santé
N°  3   157 - Le soliloque du Grincheux
N°  2   155 - Le Soliloque du Grincheux
N°  1   153 - Les conducteurs âgés sous la loupe

171 - Reportage - Appart-Ages

La vie en partage

 

Le programme Appart-Ages, inspiré d’un modèle largement utilisé en Allemagne et qui vise à créer des liens entre les générations, offre le bonheur de partager un bout de sa vie avec un(e) étudiant(e). Il offre aussi et surtout aux personnes qui les accueillent, celui de gommer une solitude souvent trop lourde à gérer.
Une chambre inoccupée contre quelques heures de présence active redonne illico un petit goût fruité à la vie. A l’instar d’autres universités, celle de Neuchâtel s’est aussitôt fait l’écho de cette remarquable initiative. Outre créer des liens entre deux générations, la proposition ne manque ni de bon sens ni d’intérêts. En échange de quelques coups de main, les deux parties sont véritablement gagnantes.
Responsable du Bureau social et de l’accueil des boursiers de l’Université de Neuchâtel, Géraldine Renggli parle avec force de ce programme qui fait ses premières gammes. « Les étudiants rencontrent d’énormes difficultés à se loger.  Tous n’ont pas, loin s’en faut, de gros moyens financiers. Outre un endroit où se loger, Appart-Ages leur offre aussi la chance de connaître de nouvelles personnes et, ainsi, de s’intégrer plus rapidement. »

Un petit coup de pouce

L’opportunité de réunir sous le même toit deux générations que tout semble vouloir éloigner ne manque pas de saveur. « Lorsqu’on vit ensemble, la courtoisie est de mise. Certains actes vont de soi lorsqu’on
cohabite dans un même lieu » relève en souriant Géraldine Renggli. Une convention d’hébergement se conclut pour une durée minimum d’un semestre. L’hôte reçoit un montant de 100 francs en compensation des frais de chauffage, d’électricité, d’eau chaude et de connexion internet. L’étudiant s’engage à donner quelques coups de main. A l’hôte de décider ce qu’il attend de lui. Entre l’arrosage des plantes, l’aide au jardinage, au ménage ou la conversation en langue étrangère, le choix est presque illimité.

Duo de charme

« Je suis arrivée chez Marie-Soie en janvier ! » L’accent de Juana fleure bon l’Espagne. Les b de la jeune étudiante en
français mangent les r. La douceur de son regard accroche celui de son hôtesse, Marie-Lucie Glauser, dont les quatre enfants ont, depuis quelques années déjà, quitté le nid.
« Juana ne devait arriver normalement chez moi qu’en février. Mais comme, à Malaga, elle a rencontré un ami de mon fils, elle a débarqué ici avec armes et bagages début janvier ! » Leur complicité n’a d’égale que leur ouverture d’esprit. « Nous devons être très clair. Expliquer ce que l’on attend de l’autre. Poser un cadre tout en étant flexible. » Le rôle
premier de Marie-Lucie, et puis non, de Marie-Soie, fut avanttout de poser ses limites et de respecter celles de Juana. « Nous sommes deux personnes indépendantes. A nous d’établir un programme. Le respect naturel force la confiance ! » La franchise des propos de Marie-Soie font écho à ceux de Juana. Aînée d’une famille de cinq enfants, cette jeune étudiante de 18 ans croque la vie à pleines dents. « La richesse de notre relation m’autorise à m’exprimer sans détour. Marie-Soie m’apprend à oser et ça, c’est génial ! »

Maître mot, respect

« Nous sommes de la même pâte. A nous d’établir un programme qui nous satisfasse. » La clarté des propos des deux femmes force le respect. Elles rencontreront sans doute quelques pierres le long du chemin qu’elles viennent  d’emprunter ensemble. Mais Marie-Soie est catégorique. « Le lien qui se tisse entre les personnes âgées et la jeunesse mérite bien quelques bleus aux genoux ! »

Christiane Meroni

 

Plus d’infos : Appart-Ages
En cas d’intérêt, contacter :

Géraldine Renggli, responsable du Bureau
social, Accueil des boursiers CFBE,
Université de Neuchâtel,
Avenue du Premier-Mars 26. Bureau 36.3,
tél. +41 718 11 50
www.unine.ch/social
secretariat.social@unine.ch