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172 - Pas un dialogue de sourd

Pas un dialogue de sourd

La guerre n’aura pas lieu « Les jeunes ont des façons brusques mais souvent le coeur modeste ! » La pensée de Montherlant épouse-t-elle aujourd’hui la nôtre ? Les pandémies ont succédé à quelques mornes crépuscules. Camus a écrit la Peste. La vie a repris son destin en main. Chacun semblait invulnérable. Le monde croyait tourner sans fin. Puis, un grain de sable a, de nouveau, tout fait basculer. Le confinement a emmêlé la pelote des raisonnements. La peur a rompu quelques fils. Les couleurs se sont ternies. Certaines familles se sont décomposées. La joie n’a plus été la vie. Les parents ont perdu le goût des baisers. Les enfants ont oublié leur saveur. Les coudes ont remplacé les mains.Tellement lavées qu’elles ne sentiront bientôt plus l’importance qu’elles ont de pouvoir toucher l’autre.

La peur a-t-elle stigmatisé les générations ? Le virus va-t-il bousiller l’entente entre les générations ? Sophie, Camille et Arthur réfutent, d’une même voix, un tel argument.

« Je me suis fait tout petit »
« Outre le fait qu’il n’est pas drôle d’étudier seul dans son coin et que les contacts sociaux sont plus difficiles à établir, la Covid      19 n’a guère modifié ma vie ». Arthur, étudiant à l’EPFL, avoue ne pas avoir vraiment souffert de la situation. « Je continue à faire du sport, seul en forêt. » Arthur vit dans la capitale vaudoise. Depuis le confinement, l’étudiant a regagné ses pénates neuchâteloises. « Sophie vit encore à la maison. Je me suis fait naturellement tout petit pour ne pas trop perturber son quotidien et celui de ma maman. » Outre éviter les groupes receleurs de personnes à risques, Arthur avoue avoir des difficultés à ranger les personnes âgées dans une catégorie à part. « A l’instar de quelques jeunes, certains prennent trop de risques, mais c’est leur choix. Chacun est responsable de sa vie. » La solidarité semble le maître mot de cette fratrie. Sophie, son aînée d’une poignée d’années, continue le télétravail. «Maman travaille chez un médecin de la place. Ce dernier a fermé son cabinet ce qui l’a forcée à rester à la maison. De fait, elle a toujours pris très au sérieux sa mission qui était de faire les courses ! » Un bel éclat de rire après, Sophie avoue la grande admiration qu’elle porte à ses grands-parents « ils ont toujours été exemplaires. Même quand nos baisers Pas un dialogue de sourd leurs manquaient. » Le je m’en foutisme de certaines personnes l’exaspère  vraiment. Autant que l’incohérence de certaines manifestations. Pour Sophie, la solidarité n’est pas un vain mot. « Beaucoup de jeunes ont prouvé qu’ils étaient capables d’aider l’autre ».

Au coeur de la pagaille
Etudiante en médecine, Camille n’a pas eu le choix des armes. « Je devais faire un stage en radiologie au Centre ospitalier universitaire de Lausanne (CHUV) et je me suis retrouvée en plein Covid. L’hôpital a bien fait les choses. Tout a été réorganisé de telle manière que, malgré la fatigue, ce fut pour moi une expérience enrichissante. » Touchée de plein fouet par le virus, Camille n’a pas baissé les bras. Les difficultés rencontrées furent néanmoins légion. « Le plus difficile fut de ne pas avoir de réponses claires à donner aux patients. Mais ce qui, aujourd’hui encore, m’énerve vraiment, c’est de constater que certaines personnes portent mal leur masque et oublient systématiquement de se laver les mains. Là, j’avoue mon animosité d’autant qu’une grande partie du corps médical pense que le déconfinement arrive un peu trop vite. »
Trois destinées et trois avis qui s’épousent. Le même dicton fuse, quasi d’une même voix. « La liberté n’a pas de prix, celle de chacun s’arrête, aujourd’hui encore, où commence celle des autres ».


Rester sur ses gardes
Les propos de Julien, pharmacien, ne varient guère. Outre le fait qu’il reste, lui aussi convaincu que la Suisse n’est pas encore totalement prête à un déconfinement total, le jeune pharmacien regrette surtout l’inconscience de certaines personnes, toutes générations confondues. « Pour ces gens-là, tout est toujours de la faute des autres. Mais le 80% de la population a admirablement joué le jeu. »

 

Christiane Meroni