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173 - Confinement

Il y a confinement et confinement

 

Si les histoires de confinement et de gestes barrière vous font tousser, eh bien je vais en rajouter une couche de mes sujets de prédilection.

On comprend que certains ont déprimé de rester cloîtrés dans leur boîte de sardines avec vue sur rien du tout, masque sur le nez et gel hydroalcoolique à portée de main. D’autres attrapent parfois le virus (sans corona) des grands espaces libres de la planète, comme la belle aventure que j’ai vécue en 1979 lors d’une traversée de l’Atlantique nord à la voile avec panorama à 360°. Si ces tranches de vie n’ont à priori rien à voir, on peut trouver plus de parallèles qu’il n’y paraît :

􀀁 Si le début du confinement a été postillonné solennellement par les plus hautes autorités, le nôtre était ponctué par le son lugubre des cornes de brume d’un cluster de dizaines de rafiots, soit tout ce qui flottait en Martinique. Ensuite cap à l’est en direction de l’Europe pour une vraie quarantaine (pas celles de 10 ou 14 jours mais bien de 40). Eh oui, c’est long car ne dit-on pas que le voilier est le moyen de transport le plus lent, le plus inconfortable et le plus humide !

􀀁 Les loisirs de ce printemps ont été contaminés par les dizaines de chaînes de TV qui repassaient leurs vieilleries  alors que les groupes à risque des tablettes et portables avaient de la température. Pour nous, un désert de  communication que la « génération écrans » ne peut imaginer. Pas même une radio de bord, pourtant obligatoire, ni de GPS ou de pilote automatique. Une époque bénie où les seuls instruments étaient une boussole ainsi qu’un sextant qui attendait que le soleil daigne montrer un moment ses rayons
.
􀀁 La distanciation sociale était respectée et pas l’ombre d’une Covid à l’horizon, aucun bateau ni aucune traînée de condensation d’avion n’ont été observés. Les seules rencontres ont été des baleines, orques ou dauphins surpris de croiser cet OFNI (objet flottant non identifié).

􀀁 Si les cabines des voiliers sont minuscules, il y a une belle terrasse (cockpit) où quelqu’un doit barrer jour et nuit par n’importe quel temps et ce n’est pas du télétravail. Un endroit où les microgouttelettes infectées sont absentes mais la fête au balcon est agrémentée de bons paquets d’eau salée, une sorte d’apéroskipe. Si l’humeur n’est pas au beau fixe, pas question de descendre pour faire le tour de la propriété, il n’y a que de l’eau agitée et 4000 mètres sous la quille. La crise sanitaire a changé toutes nos vies et nos modes de pensée, mon confinement passé avait déjài bouleversé mes valeurs.

 

Jean-François Rumley
Octobre 2020