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174 - Chasseur de nuages

Chasseur de nuages

 

Vous cherchez peut-être un vaccin contre la morosité ambiante, un loisir ludique de plein air. Dans la boîte aux idées, j’en ai trouvé un qui permet d’apprivoiser la météo sans s’égarer dans les traités de physique de l’atmosphère ou les cartes spécifiques issues de modèles mathématiques. Le jeu consiste à reconnaître les nuages et interpréter leur langage, chacun exprimant une phase d’un type de temps dans une suite logique. Spectacles féeriques et colorés garantis.

Pas de quoi broyer du gris, il y en a 10 genres au total, pas un de plus, si vous laissez un peu de côté les espèces et les variétés. Promis juré, vous y perdrez moins votre latin qu’en tentant d’identifier les champignons, les fleurs ou les oiseaux par exemple.

Après avoir éteint tous les écrans envahissants, départ dans la nature avec un guide de poche en évitant bien sûr un jour de tempête de ciel bleu. Le ciel joue alors entre le blanc et la gamme des gris, tout en harmonie ou chaotique. Il devient pommelé, moucheté, filandreux, laiteux, bigarré ou plombé, selon son humeur avec des jeux de lumière dirigés par Apollon. Si vous avez un peu de chance, il se met même sur son trente et un et offre en prime des phénomènes lumineux tels que les arcs-enciel, les halos, les parhélies, les spectres de Brocken ou gloire, les couronnes, etc.

Si ces moutonneux paraissent trop dociles à votre goût et que l’adrénaline vous titille, tentez de poursuivre le roi des nébuleux, celui qui exprime la colère de Zeus. Rejoignez alors les chasseurs d’orages, ces passionnés qui passent tous leurs loisirs d’été à les chercher sur le continent afin de les étudier, les photographier ou les filmer. Tout cela en restant en bordure, la vue est plus spectaculaire tout en limitant les risques inhérents tels que la foudre, les pluies diluviennes, la grêle ou les rafales de vent.

Pour les plus fanatiques, le nec plus ultra est d’être une fois traqueur de tornades en gagnant les grandes plaines d’Amérique. Les sensations et les dangers sont alors décuplés.

Chasseur de nuages sachant chasser, il faut que ça se sache, devient vite une passion et permet de réaliser une collection de clichés hauts en couleur. Il est vrai qu’avec la mode « tout écran » on oublie souvent de lever la tête et de contempler la nature.

 

Jean-François Rumley