N° 18 179 - Des temps d'antan
N° 17 178 - Ulysse ou l'Odyssée
N° 16 178 - Il était une fois
N° 15 177 - Presque le Paradis
N° 14 177 - On n'arrête pas le vent
N° 13 177 - Des chiffres et des zéros
N° 12 176 - Tranche de vie
N° 11 176 - Reportage L'hirondelle
N° 10 176 - Crise climatique
N°  9   174 - L'âge a ses raisons
N°  8   174 - Chasseur de nuages
N°  7   173 - Retraite bien méritée
N°  6   173 - Confinement
N°  5   172 - Rien qu'un prénom
N°  4   172 - Pas un dialogue de sourd
N°  3   172 - C'était le bon vieux temps
N°  2   171 - Reportage - On est complètement toqué
N°  1   171 - Reportage - Appart-Ages

176 - Reportage L'hirondelle

L’hirondelle fait-elle le beau temps ?

 

Le temps conditionne nos activités et est le sujet de conversation préféré. Grâce à la multitude d’applications météo automatiques plus ou moins fiables sur nos joujoux portables, certains se prennent pour des météorologues avertis en consultant ces pictogrammes. Un peu en arrière, à l’antiquité de nos grands-parents, on imagine dans quel dénuement ils se trouvaient. Leurs prévisions s’établissaient sur l’observation de la faune et de la végétation, des proverbes et  dictons, des almanachs, de la lune ou des rhumatismes de la grand-mère. Prenons les oiseaux et les animaux, leur préoccupation majeure consiste à la recherche d’une quantité suffisante de nourriture et le temps influence cette quête.
S’ils n’ont pas la faculté de le prévoir, ils sont très sensibles aux changements (humidité, électricité, vent, pression etc.) C’est leurs réactions que nous observons et interprétons avec plus ou moins de bonheur.
L’hirondelle est particulièrement emblématique, les dates d’arrivée et de départ sont analysées et l’altitude de son vol  est épiée.  Pas bête, elle profite simplement des premiers courants doux de sud en altitude pour son voyage de  printemps, vous ne voulez pas qu’elle s’épuise à faire du surplace à contre-courant. Elles plient bagage lorsque les vents frais du nord montrent le bout de leur bec et que la durée du jour s’amenuise. Des surprises peuvent se produire (SWISSAIR avait à l’époque affrété des avions pour en rapatrier des milliers qui s’étaient gourées). Il est toutefois établi que la rigueur de l’hiver ou les espoirs d’un bel été n’ont pas de rapport avec les dates desmigrations. Reste l’énigme de l’altitude de leur vol qui veut que lorsqu’il est haut, c’est signe de beau temps. Elles se fichent éperdument de faire plaisir, les moucherons dont elles se régalent sont juste entraînés en altitude par les mouvements ascendants dus à la surchauffe du sol par période anticyclonique. C’est leur repas qui les intéresse et lorsque l’humidité annonciatrice du mauvais temps alourdit les ailes de leurs proies et que la pression atmosphérique baisse, on les retrouve en rase-mottes. Quand l’orage approche, on observe souvent des mouvements ascendants et patatras, l’hirondelle vole haut et trompe tout le monde, nos parapluies restent à la maison.
D’autres êtres sont aussi scrutés pour leurs qualités prétendues divinatoires. On peut citer la grenouille bien sûr mais aussi l’escargot, l’araignée, l’abeille, le coq, la cigogne, la marmotte, l’écureuil et même les poissons. Tous sont  météosensibles et on trouve des explications rationnelles pour le comportement de chacun.
Ces baromètres vivants ont l’avantage de nous réconcilier avec la nature et réapprendre le don d’observation de nos ancêtres. Convenez pour finir que cette météorologie populaire dégage plus de poésie et est plus gratifiante que les applications électroniques sans âme !

Jean-François Rumley