N° 18 179 - Des temps d'antan
N° 17 178 - Ulysse ou l'Odyssée
N° 16 178 - Il était une fois
N° 15 177 - Presque le Paradis
N° 14 177 - On n'arrête pas le vent
N° 13 177 - Des chiffres et des zéros
N° 12 176 - Tranche de vie
N° 11 176 - Reportage L'hirondelle
N° 10 176 - Crise climatique
N°  9   174 - L'âge a ses raisons
N°  8   174 - Chasseur de nuages
N°  7   173 - Retraite bien méritée
N°  6   173 - Confinement
N°  5   172 - Rien qu'un prénom
N°  4   172 - Pas un dialogue de sourd
N°  3   172 - C'était le bon vieux temps
N°  2   171 - Reportage - On est complètement toqué
N°  1   171 - Reportage - Appart-Ages

178 - Il était une fois

Il était une fois …

 

Ce n’est pas un conte qui vous est raconté ici mais comment les Sherlock Holmes du climat parviennent à débusquer le temps…
des anciens temps. Premier obstacle pour nos détectives, les lacunes de documents. Seuls les ecclésiastiques et une élite maîtrisaient l’écriture au Moyen Age, sans oublier les manuscrits qui ont été détruits ou dispersés lors d’incendies ou de révolutions.
Second écueil, nos lointains ancêtres n’avaient aucun instrument de mesure à disposition, ils ont tous été inventés vers 1700.
Et pourtant, nous commençons à bien connaître notre passé climatologique. Ce tour de passe-passe ne s’effectue pas au doigt mouillé et n’est pas plus l’oeuvre d’un Nostradamus à l’envers. Il s’agit des clioclimatologues dont les recherches se portent sur toutes les périodes.
La mémoire du passé. Les calottes glacières représentent la banque de données privilégiée et plus on va en profondeur, plus on remonte le temps. Les bulles d’air emprisonnées révèlent la composition de l’atmosphère à l’époque : gaz carbonique, méthane, pollens, suies de volcans, etc. Frileux s’abstenir pour effectuer les carottages durant de longs mois, sans polluer l’air qui y est piégé. Le plus profond prélevé l’a été sous 3 km de glace au centre de l’Antarctique, il provient de neige qui est tombée il y a près de 800 000 ans…
La paléoclimatologie en Europe permet de remonter 10 000 ans par des forages dans les glaciers alpins, au fond des étendues d’eau ou des tourbières. 
Notre ère. Pour décrypter notre climat de l’an mil jusqu’au milieu du 19e siècle, des spécialistes effectuent un travail de bénédictin en compulsant des milliers de documents d’archives afin d’y extraire les éléments liés au temps (dates des vendanges et moissons, observations d’événements tels que inondations, tempêtes, grêle, sécheresse, froid, etc).
D’autres étudient les cernes des arbres. En utilisant des indices de corrélation, tous ces éléments sont ensuite traduits en termes météorologiques et climatiques. Le tout intégré dans des modèles complexes pour reconstituer des valeurs thermométriques et pluviométriques des différentes époques. On y découvre plein de petites histoires qui font la grande Histoire.
Le proche passé. Depuis 1864, un réseau européen d’observations instrumentales s’est mis en place. On observe ainsi qu’après le dernier petit âge glaciaire entre 1812 et 1860, les températures s’élèvent progressivement depuis 1896 avant de s’emballer dès 1987.
Bien comprendre le passé climatologique aide à prévoir le futur plutôt alarmant. S’entendre pour le contrer est une autre histoire... 


Jean-François Rumley