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175 - La clé des Temples

 

La clé des Temples

Un village adorablement pentu. Des pavés
et une bâtisse qui ne cachent pas leur grand
âge. Une fenêtre ouverte de laquelle
s’échappe une corde. Un panier qui pend.
Une clé qui autorise l’ouverture de la porte.
Et, soudain, le sol qui saute sur la portée. Le
ré qui indique le premier prélude. L’escalier
en colimaçon qui avale la gamme. Et…
l’artiste qui sourit. Qui attend !

Les variations s’enchaînent. Organiste, titulaire
de l’église Saint-Nicolas d’Auvernier,
Claude Pahud ouvre le livre. Celui des souvenirs.

Celui d’une vie composée de fugues,
de préludes, de ballades, de complaintes…
Outre un brevet de pédagogie musicale, ce
professeur d’orgue, de piano et de branches
théoriques, ce concertiste international, cet
improvisateur, ce concepteur, ce délégué de
l’Etat aux sessions d’examens du Conservatoire
de la ville de Neuchâtel, ce président
de la section neuchâteloise des organistes
romands, ce membre du comité central des
organistes romands à Lausanne, ce vice-président de la Fédération francophone
des Amis de l’orgue de Paris et directeur
artistique des concerts d’Auvernier fait vibrer
les quelque mille cent tuyaux de l’orgue de
l’église Saint-Nicolas depuis 1976.

Belle et simple
« La dédicace remonte au 15e siècle.
L’église d’Auvernier, dont la partie la plus
ancienne, le choeur, qui, lui date de 1479, se
distingue par sa beauté dans la simplicité.
La particularité de son architecture en fait
un monument absolument attachant. » Le
timbre de voix de l’organiste épouse ce lieu
de culte. « Lorsqu’on pénètre à l’intérieur, on
est très vite surpris par la place que les
orgues occupent sur la tribune. Le buffet de
bois est imposant et richement sculpté. Ce
lieu m’a permis d’inviter des organistes
parmi les plus célèbres du monde entier. »
En effet, la liste recèle un nombre
impressionnant d’artistes parmi lesquels se
trouvent André Luy, organiste de la
cathédrale de Lausanne, Philippe Laubscher,
organiste de l’église française de Berne,
Michel Jordan, organiste de Romainmôtier,
Jean-Jacques Grünenwald, de l’église

Sainte-Sulpice de Paris, Maurice Clerc, de
la Cathédrale de Dijon, Daniel Zaretsky,
organiste de Saint-Petersbourg, José-Luis
de Aquino, organiste de Sao-Paulo au
Brésil…
L’oeuvre d’orgue de Claude Pahud est
conséquente. Mais sa musique exprime
avant tout un art où le véritable
conformisme n’a que très peu de place.
« J’ai composé ma première sonate pour
piano à 14 ans. On devient ensuite
organiste. On ne dépend, au départ, que de
nous et de 114 décibels ! » Marquées par de
très nombreuses improvisations, les
compositions de Claude Pahud ont
enthousiasmé les salles et les églises d’un
nombre incalculable de pays. « C’est vrai
que j’ai eu le bonheur d’exporter ma passion
tant au nord qu’au sud du monde. Mon
meilleur souvenir affiche immédiatement
Saint-Pétersbourg et le Brésil. Le public m’a
véritablement porté. »

Bach, mon père, mon enfance
Chef de gare, le père de Claude n’affiche
pas une très grande sympathie pour la
musique. « Nous déménagions en moyenne
tous les quatre ans. Quand nous sommes
arrivés à Noiraigue, le temple se trouvait
juste derrière la gare. Ce fut, pour moi, le
nirvana car Frédéric Kemm, certes pasteur
mais aussi pianiste et organiste fut mon
premier professeur. J’avais alors six ans et
demi ! » Certains esprits enseignants et
biens pensants ayant certifié au père de
Claude qu’il n’avait aucune disposition pour
la musique, son avenir aurait pu en prendre
un coup ! Le jeune gars d’alors, qui
n’improvisait pas que musicalement, c’est
retrouvé à Saint-Malo. « Je fus le premier
élève suisse inscrit au conservatoire. »
Diplôme en poche, Claude avale la vie, le
monde, les découvertes, embrasse les
réussites musicales et surtout, le poste
d’organiste à l’église Saint-Nicolas
d’Auvernier. « Ce jour-là, je suis venu de
Saint-Aubin en vélomoteur. Il est tombé en
panne et je suis arrivé à l’église avec dix
minutes de retard ! Tout le gratin était
présent. Le Conseil de paroisse ne pouvait
pas me mettre à la porte puisque je devais
mon poste au Conseil communal ! »
Même pour un musicien de talent, le temps
ne suspend pas son vol. Aujourd’hui
retraité, Claude Pahud séduit toujours les
orgues de la commune de Milvignes. « Un
culte par dimanche. Et je suis même
bedeau ! »
L’oeuvre d’orgue de Claude Pahud est
conséquence. CD, 33 tours, concerts,
mettent en évidence les jeux d’un
instrument dont il reste seul maître à bord.

 


Christiane Meroni