Voici ce que je vois systématiquement chez les dirigeants romands qui réussissent à fidéliser leurs talents en 2025 : ils ont investi dans la formation interne et ils le documentent. Le Challenge Moniteur est l’un des dispositifs les plus valorisants pour reconnaître les formateurs internes dans les entreprises suisses et françaises.
Qu’est-ce que le Challenge Moniteur ?
Le Challenge Moniteur est une compétition professionnelle organisée par le groupe Le Moniteur (en France) et ses partenaires dans le secteur de la construction, du BTP et de l’ingénierie. En Suisse romande, le terme « challenge moniteur » est souvent utilisé plus largement pour désigner des compétitions de formation en entreprise dans divers secteurs. Dans les deux cas, l’objectif est de reconnaître et valoriser les professionnels qui transmettent leur savoir-faire.
La formation professionnelle en Suisse est régie par la Loi fédérale sur la formation professionnelle (LFPr) du 13 décembre 2002. Elle distingue la formation initiale (apprentissage), la formation professionnelle supérieure et la formation continue. Les entreprises qui participent à des challenges de formation peuvent bénéficier de déductions fiscales et de subventions cantonales.
La formation en entreprise en droit suisse
Le droit suisse en la matière est clair et favorable aux entreprises formatrices. Voici le cadre légal essentiel :
1. Les obligations de l’entreprise formatrice
Toute entreprise qui forme des apprentis en Suisse doit être agréée par le canton (art. 20 LFPr). L’agrément est accordé si l’entreprise dispose de la capacité de formation requise et d’au moins un formateur titulaire du brevet fédéral de formateur (anciennement « attestation de capacité de former »). Dans le canton de Vaud, c’est la Direction générale de l’enseignement postobligatoire (DGEP) qui délivre ces agréments.
2. Le formateur en entreprise : statut et obligations
Le formateur en entreprise doit détenir le brevet fédéral de formateur (art. 44 OFPr) ou une formation équivalente reconnue par le SECO. La formation pour l’obtention de ce brevet comporte environ 600 heures de formation réparties sur 2 ans, et coûte entre 3’000 et 6’000 CHF selon l’établissement (IFFP — Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle, ou centres de formation cantonaux). Ce coût est généralement pris en charge par l’employeur.
3. Les avantages financiers pour les PME
Concrètement, cela signifie pour une PME romande :
- Déduction fiscale : les frais de formation professionnelle sont entièrement déductibles du bénéfice imposable (art. 59 al. 1 let. b LIFD)
- Subventions cantonales : plusieurs cantons romands (VD, GE, NE) accordent des subventions aux entreprises qui dépassent le seuil minimal d’apprentis prévu par leur secteur
- Accès au fonds de formation sectoriel : de nombreuses conventions collectives de travail (CCT) prévoient un fonds de formation alimenté par les cotisations patronales
Comment participer à un challenge de formation en 2025 ?
J’ai accompagné récemment une PME vaudoise du secteur de l’ingénierie qui voulait valoriser son dispositif de formation interne. Voici la démarche que nous avons suivie :
- Inventaire des formateurs internes : identifier tous les collaborateurs qui transmettent des compétences, formellement ou informellement
- Formalisation des parcours : décrire chaque dispositif de transmission de savoir-faire sous forme de fiche de poste + plan de formation
- Documentation des résultats : mesurer les résultats (taux de réussite aux examens, ancienneté des apprenants formés, performances post-formation)
- Candidature : soumettre un dossier complet avec témoignages d’apprenants et résultats chiffrés
AsapWork et les plateformes suisses de formation
En Suisse romande, des plateformes comme AsapWork facilitent la mise en relation entre formateurs et apprenants dans le cadre de la formation continue. Le SECO (Secrétariat d’État à l’économie) supervise la qualité de ces offres et dispose d’un label qualité pour les prestataires de formation continue reconnus. Le site orientation.ch recense l’ensemble des offres de formation professionnelle et continue en Suisse.
L’impact sur la rétention des talents
Dans le contexte suisse, la formation continue est un facteur de rétention majeur. Selon une étude du SECO publiée en 2024, 72 % des salariés suisses considèrent les opportunités de formation comme un critère de choix de l’employeur. Pour les PME romandes qui peinent à rivaliser sur les salaires avec les grandes entreprises de la région lémanique, un dispositif de formation structuré est un avantage concurrentiel direct.
La jurisprudence vaudoise sur ce sujet est instructive : le Tribunal cantonal VD a reconnu dans plusieurs arrêts que les clauses de remboursement des frais de formation (dites clauses de dédit) sont valides en droit suisse pour les formations coûtant plus de 5’000 CHF, à condition qu’elles soient proportionnées (généralement 1 à 3 ans d’obligation de rester dans l’entreprise). Cette protection juridique encourage les PME à investir davantage dans la formation sans crainte de « former pour les concurrents ».
C’est pourquoi je recommande toujours aux dirigeants de mettre en place un accord de formation formalisé avant d’investir dans le développement des compétences d’un collaborateur. Un modèle validé par un juriste coûte 500 à 1’500 CHF — un investissement négligeable face à un risque de perte de 20’000 à 50’000 CHF de formation. Pour plus d’informations sur les aides cantonales, contactez votre Direction cantonale de l’économie ou consultez le site de l’IFFP.
Les ressources officielles pour les formateurs en Suisse romande
Les organismes de référence pour la formation professionnelle en Suisse romande sont nombreux et complémentaires. L’IFFP (Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle) à Lausanne coordonne la formation des formateurs au niveau fédéral. Chaque canton dispose également de sa propre structure : la DGEP pour Vaud, l’OFPC pour Genève, le SEFRI au niveau fédéral. Les associations professionnelles sectorielles (GastroSuisse, Swissmechanic, Société Suisse des Entrepreneurs) gèrent les fonds de formation de leur branche et publient les conditions d’accès aux subsides.
Pour les PME romandes qui souhaitent se lancer dans la formation d’apprentis, la première étape est de contacter l’office cantonal de la formation professionnelle pour obtenir l’agrément d’entreprise formatrice. Le délai d’instruction varie de 4 à 12 semaines selon le canton et la profession. Une fois agréée, l’entreprise peut accéder aux subsides cantonaux et aux fonds de branche — un retour sur investissement direct sur le coût de formation. Voilà pourquoi cette vigilance est stratégique pour tout dirigeant de PME romande qui investit dans les compétences de ses équipes. Voir aussi notre guide sur le back office et l’organisation RH.